
La Guajira
Nous venons tout juste de nous remettre de nos émotions du parc Tayrona et du baptême de plongée que nous prenons le bus direction Palomino. Un petit village de surfeurs sur le bord du fleuve Palomino, où 70% de la population est constituée de touristes. Nous souhaitons faire un arrêt à la porte du département de la Guajira avant d’aller à la pointe la plus au nord de celui-ci, et donc de l’Amérique du Sud. Nous avons profité des deux jours à Palomino pour nous relaxer sur la plage, nous amuser dans les vagues et descendre le fleuve Palomino sur une grosse bouée. Nous avons bien profité de cette activité de 2h30 de descente dans une végétation dense, chargée d’oiseaux.
Pour pimenter nos deux jours, nous avons aussi choisi un hébergement atypique dans une cabane, qui nous a fait vivre certaines expériences comme aller se doucher avec les crapauds, vivre dans des conditions précaires mais avec un lit et un toit, qui a été fortement appréciable lors de l’énorme orage du second jour. Pour donner une idée, nous sommes rentrés de la plage, qui était à 10 minutes de marche, avec de l’eau au-dessus des chevilles tout au long de la route et ce n’était qu’un aperçu.
Pour atteindre la destination finale de la pointe Nord, nous devions faire un arrêt à la petite ville de Riohacha, puis trouver un transport jusqu’au Cabo de la Vela. Lorsque l’on regarde une carte et que nous venons d’Europe cela n’a pas l’air bien compliqué, sauf qu’arrivé à Uribia, il n’y a plus de route et nous sommes aux portes du désert. Il reste 70 km à parcourir avec 40km de piste bien tracé et 30km au petit bonheur la chance. Nous avons eu un petit filon d’une personne à contacter à Uribia, qui nous a amené directement au Cabo de la Vela, mais nous avons pu voir des 4x4 surchargés, qui faisaient la route et qui avaient de grosses difficultés pour parcourir les 30 derniers km. Certains ont mis plus de 5h pour parcourir la distance.
Une fois arrivés, nous avons été fortement surpris des conditions plus que précaires dans lesquelles les habitants vivaient. La majorité des habitations étaient des cabanes, il n’y avait ni eau courante, ni électricité. Nous pensions que nous avions eu des conditions précaires à Palomino, mais nous avons encore passé un cap. Nous avons redécouvert le seau d’eau pour se laver, la joie de ne pas pouvoir tirer une chasse d’eau, prévoir de la lumière pour se déplacer dans le village, voir les gens s’éclairer à la bougie ou pour les structures un peu plus grosse, subir le bruit du groupe électrogène. Et oui, nous sommes vraiment loin de tout ça dans notre façon de vivre au quotidien.
Mais lorsque vous vous perdez dans les paysages du Cabo de la Vela et de Punta Gallinas vous oubliez tout ça, et vous vous laisser porter par ces magnifiques paysages lunaires pour certains, ou de carte postale pour d’autres.
Il y en a pour tous les goûts. En tout cas, nous sommes très heureux d’avoir fait autant de kilomètres pour venir voir l’extrémité nord de l’Amérique du Sud, qui vaut vraiment le détour.